Extrait du

RAPPORT D’INFORMATION DEPOSE en application de l’article 145 du Règlement PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ECONOMIQUES, DE L’ENVIRONNEMENT ET DU TERRITOIRE sur l’avenir du transport aérien français et la politique aéroportuaire, ET PRESENTE PAR M. YANNICK FAVENNEC, Rapporteur, en conclusion des travaux d’une mission d’information présidée par M. FRANÇOIS–MICHEL GONNOT, député

 

b) Optimiser les procédures de navigation aérienne

– Les difficultés de mise en œuvre du nouveau dispositif de circulation

aérienne en région parisienne

Le 21 mars 2002, le nouveau dispositif de circulation aérienne est entré en

vigueur dans la région parisienne, caractérisé principalement par la création d’un

nouveau point d’entrée sud-ouest pour les arrivées sur l’aéroport de Roissy Charles-de-

Gaulle.

Cette modification a mis en lumière les difficultés liées à la gestion des

arrivées et des départs des appareils jusqu’à une cinquantaine de kilomètres de la

capitale. Ainsi, le nouveau point d’entrée sud-ouest des arrivées à l’aéroport de

Roissy Charles-de-Gaulle a rendu nécessaire, par cohérence, la modification de la

trajectoire des arrivées par le sud-ouest de l’aéroport d’Orly. Cette arrivée se faisait

auparavant au sud du périphérique parisien pour la branche en vent arrière avec un

virage serré vers Sucy–en–Brie pour pouvoir se mettre dans l’axe des pistes.

Désormais, les appareils passent au sud de l’aéroport pour la branche en vent arrière

et font un virage plus large au dessus de Liverdy-en Brie. Cette modification a

également eu un impact sur la hauteur plafond des avions décollant d’Orly vers le

sud.

En tout état de cause, cette modification a provoqué une polémique

importante, ainsi qu’une forte opposition de la part de certains élus.

La mission recommande que soient élaborées des mesures d’optimisation

de la navigation aérienne, qui sont techniquement réalisables dans la mesure où

certaines sont déjà appliquées dans certains aéroports étrangers :

1.– S’agissant de la pratique française des « couloirs aériens »,

improprement nommés puisqu’il s’agit en fait de trajectoires destinées à concentrer

les flux d’appareils, la mission préconise que la France s’inspire de l’exemple

américain.

Actuellement, ces couloirs, mis en œuvre à la demande des associations de

riverains, sont à l’origine d’une situation de blocage du dialogue entre les

populations, les autorités et les gestionnaires de plates-formes : les riverains survolés

ont en effet impression d’avoir été sacrifiés, tandis que ceux qui sont hors des

couloirs s’en servent pour dénoncer tout écart ponctuel des appareils. En outre, la

France fait figure d’exemple de complexité des procédures d’approches, notamment

dans les écoles étrangères formant les futurs contrôleurs aériens ou les pilotes.

La mission d’information préconise donc que les services de la navigation

aérienne puissent réfléchir à la possibilité d’instaurer des points d’entrées autour de

l’Île-de-France, au-delà desquels les appareils seront pris en charge par les tours de

contrôle sans qu’il n’existe de couloirs aériens artificiellement pré-désignés, comme

c’est le cas aux États-Unis. Cette solution permettrait à la fois de simplifier les

procédures d’approche autour des aéroports, mais surtout d’éviter une concentration

du trafic à l’approche des plates-formes sur une fraction restreinte de la population.

2.– La mission d’information préconise en outre que les manœuvres

d’approche des appareils soient modifiés pour réduire les nuisances subies par plus

de deux millions de Franciliens.

Actuellement, l’organisation de la navigation aérienne aboutit en effet à ce

que les avions survolent les habitations à une altitude relativement basse, pendant un

temps prolongé. Les spécialistes ont notamment expliqué aux membres de la

mission que la qualité de la navigation aérienne, ainsi que des contraintes

techniques, nécessitaient que les avions effectuent pendant une distance de près de

10 kilomètres des paliers à l’approche finale de la piste. Ces paliers permettent aux

navigateurs d’harmoniser la distance entre les appareils en approche finale et à

l’appareil de capter l’Instrument Landing System (ILS) (1), ce qui n’est possible

aujourd’hui qu’avec une pente de descente de 3°.

Les membres de la mission sont conscients du caractère éminemment

technique de ce domaine. Ils appellent cependant les autorités compétentes à

réfléchir aux moyens de réduire les paliers des avions en approche finale, en

augmentant à 4°, voire à 5°, le taux de descente des avions. Les pilotes rencontrés

par la mission d’information ont confirmé le fait qu’une descente à 4° était d’ores et

déjà réalisable du point de vue du pilotage des appareils. Selon les informations

recueillies par la mission d’information, il serait en outre possible à terme de relever

à plus de 4 000 pieds l’altitude d’interception de l’ILS, alors qu’elle est actuellement

de 3 000 à 4 000 pieds à Roissy Charles-de-Gaulle et Orly. Restent à trouver des

solutions permettant aux contrôleurs aériens de mettre les avions en ligne à

l’approche de la piste en tenant compte de ces modifications, sans que la qualité ou

la sécurité des procédures ne soient remises en cause.

La mission d’information souligne aussi la nécessité de mettre en place des

procédures de moindre bruit fondée sur le retardement de la sortie des volets et du

train d’atterrissage, ainsi que sur la diminution de la vitesse des appareils à

l’approche de la piste (1).

S’agissant de la pente de décollage, les textes réglementaires internationaux

et français imposent une pente minimale de 3,3 %, mais cette obligation est portée à

5,5 % dans la région parisienne, voire à 6,5 % pour les trajectoires les plus nuisibles.

La mission d’information préconise que l’ensemble des avions adopte une pente de

décollage de 6,5 % dans la mesure où leurs capacités techniques le permettent. Pour

les autres, l’utilisation de la nouvelle piste nord doit être privilégiée, dans la mesure

le nombre de personnes survolées sera beaucoup moins important.